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Le lendemain matin, Tidiane dormait encore profondément quand un fracas soudain retentit à l'extérieur de son appartement. Bam ! Bam ! Bam ! La vieille porte en bois tremblait à chaque coup. Tidiane fronça les sourcils et ouvrit lentement les yeux. Le bruit redoubla d'intensité. — Ouvre cette porte, Tidiane ! La voix colérique d'une femme déchira le silence. Tidiane se massa le front et se redressa sur son lit. S'il attendait encore, la personne dehors allait finir par défoncer la porte. Il se leva précipitamment et se dirigea vers l'entrée, se demandant bien qui avait le courage de venir faire tout ce boucan si tôt le matin. Lorsqu'il ouvrit la porte, il tomba nez à nez avec une femme magnifique, aux longs cheveux bruns et aux formes généreuses. C'était Madame Clarisse, la propriétaire de cet immeuble délabré. Elle avait déjà quarante ans et une fille, mais n'importe qui aurait juré qu'elle en avait à peine trente. Sa peau était lisse, son corps mature et plein de charme. Même avec des vêtements simples, sa silhouette sculptée attirait irrésistiblement le regard de tous les hommes. En ce moment, elle portait une chemise blanche très ajustée et une jupe noire. Ses courbes étaient impossibles à ignorer. Elle avait les bras croisés et lançait un regard noir à Tidiane. Mais en le regardant de plus près, elle se figea soudainement. Depuis quand ce petit était-il devenu aussi beau ? Le visage de Tidiane semblait plus net, sa peau était plus éclatante. Ses cheveux en désordre lui donnaient un charme nonchalant, et ses yeux brillaient d'une lumière nouvelle. L'expression fatiguée et sombre qu'il portait habituellement avait totalement disparu. Sans s'en rendre compte, la colère de Madame Clarisse redescendit d'un cran. Tidiane, sentant le vent tourner, afficha immédiatement un sourire flatteur. — Tante Clarisse ! Depuis quand êtes-vous là ? Si vous m'aviez appelé, je serais venu chez vous tout de suite. C'est moi qui devrais vous rendre visite. Il s'effaça pour lui laisser le passage avec un geste accueillant. — Je vous en prie, entrez, Tante Clarisse. Elle eut un petit reniflement méprisant, mais son ton était moins sec. — Toi, tu sais parler, au moins. Elle entra dans l'appartement. La pièce était petite et encombrée : un lit, un ensemble table et chaises, et quelques bricoles. Normalement, Madame Clarisse aurait commencé à hurler dès le premier pas pour ses loyers impayés. Mais alors qu'elle ouvrait la bouche, elle s'interrompit brusquement. Elle huma l'air. Une odeur sucrée et agréable flottait dans la pièce. C'était un parfum doux, chaleureux, étrangement attractif. L'expression de la propriétaire changea. Elle regarda autour d'elle, intriguée. — Tidiane... c'est quoi cette odeur dans ta chambre ? Ça sent bon, c'est sucré. Tidiane fut tout aussi surpris. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il s'en aperçut. En concentrant son regard, il vit une légère brume rose répandue dans toute la pièce. Elle flottait comme de la fumée, légère et mystérieuse. Perplexe, il tourna la tête vers le miroir accroché au mur. En voyant son reflet, ses yeux s'écarquillèrent. La brume rose s'échappait de son propre corps. De fins filaments de vapeur sortaient de sa peau pour envahir lentement l'espace. « C'est quoi ce truc ? » pensa-t-il, choqué. Il n'avait aucune idée de ce qui se passait. Est-ce que c'était lié à l'incident d'hier ? Tandis qu'il réfléchissait, il sentit que l'atmosphère devenait étrangement calme. Il se tourna vers Madame Clarisse. Elle était là, immobile, comme dans un rêve. Ses joues étaient légèrement rosies et sa respiration s'était accélérée. Elle regardait Tidiane avec des yeux embrumés. Pour une raison inconnue, elle ressentait une chaleur monter en elle. L'odeur sucrée semblait s'infiltrer dans son corps petit à petit, faisant battre son cœur plus vite. Elle était venue ici furieuse, bien décidée à régler ses comptes avec lui. Après tout, il avait trois mois de retard de loyer. Mais soudain, elle trouvait difficile de rester en colère. Elle fixa le visage séduisant de Tidiane, puis détourna le regard, se sentant étrangement nerveuse. Tidiane remarqua son état. — Tante Clarisse ? Elle se reprit rapidement, prit une profonde inspiration et tenta de reprendre un air sérieux. — Tidiane... Sa voix était devenue beaucoup plus douce. — Quand est-ce que tu vas payer le loyer ? Ça fait déjà trois mois que c'est en retard. Bien qu'elle parle d'argent, cela ne ressemblait plus du tout à un reproche. Son ton était tendre, presque hésitant. Tidiane cligna des yeux. C'était totalement différent de l'attitude habituelle de la propriétaire. D'ordinaire, elle aurait déjà commencé à crier, mais là, elle semblait plus gênée qu'énervée. Il se gratta la tête, observant le visage rougi de Madame Clarisse et son expression confuse, tout en voyant la brume rose s'enrouler lentement autour d'elle.

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